Malgré l’adhésion du Togo aux instruments internationaux de lutte contre la corruption  comme la convention des Nations-Unies contre la Corruption, la charte de l’Union Africaine sur la Prévention et la Lutte contre la Corruption puis le protocole de la CEDEAO sur la lutte contre la corruption, le fléau a de beaux jours devant lui. La corruption poursuit son bonhomme de chemin. Presque tous les domaines y sont atteints. La presse en parle mais les autorités compétentes ne réagissent pas. Même  les organes mis en place pour cette lutte telle que la Cour des Comptes, la HAPLUCIA et d’autres instruments juridiques ne dissuadent pas les auteurs de ce crime économique qui porte atteinte à la santé économique du pays.

La corruption d’agents publics nationaux à travers la soustraction, le détournement ou usage illicite de biens, le trafic d’influence, l’enrichissement illicite, le blanchissement du produit du crime, le recel prend une proportion inquiétante. Selon l’un des rapports de la HAPLUCIA, la police, la gendarmerie et les militaires demeurent les corps les plus corrompus au Togo. La corruption a touché aussi le secteur privé. En tout cas ce secteur n’est pas du tout épargné par ce fléau.

Malgré des organes de lutte mis en place par les gouvernants, la corruption prend une enjambée galopante. Les auteurs des cas de vol, de détournements publics continuent d’occuper les plus hautes fonctions de la république et se croient intouchables parce qu’ils sont proches  du président de la république qui semble les protéger.  Comment la population témoin de ces crimes peut-elle être protégée si elle dénonce ces crimes économiques? En tout cas, la protection des personnes qui communiquent des informations est sujette à caution, bien que l’Etat ait incorporé dans son système juridique interne des mesures appropriées pour assurer la protection contre tout traitement injustifié de toute personne qui signale aux autorités compétentes, de bonne foi et sur la base de soupçons raisonnables, tous faits concernant les infractions.

Devant cette situation, la lutte contre la corruption au Togo ne devient-elle pas un voeu pieux et que ces institutions mises en place dans cette lutte ne constituent-elles pas des coquilles vides? Si le président de la République se complaît de ces crimes économiques en ne favorisant pas aux entraides judiciaires, à la coopération entre les services de détection et de répression, aux enquêtes conjointes, aux techniques d’enquête spéciales.

A la lumière de tout ce qui précède, les Togolais ne doivent pas croire à un recouvrement d’avoirs à travers la prévention et détection des transferts du produit du crime. Ces institutions et instruments juridiques mises en place dans le cadre de la lutte contre la corruption sont de la poudre aux yeux, à moins qu’on nous prouve le contraire.

 

Anges ADJANOR